Les Occidentaux sous-estiment l’impact des discriminations à l’égard de leurs citoyens musulmans, l’impact du terrorisme des puissants que subissent des peuples en Irak, en Afghanistan et ailleurs, l’impact de l’impunité d’Israël en Palestine. De plus, le nombre de pertes de vies musulmanes, victimes à la fois du terrorisme des faibles et des puissants, est 1000 fois supérieur au nombre de victimes occidentales. On ne compte pas les morts de la même manière, alors qu’une vie égale une vie.
La cinquième cause est liée aux errements du libéralisme sauvage, à la crise économique et aux politiques isolationnistes.
Dans ce contexte, il est plus facile de susciter le rejet d’autrui que la solidarité et le respect mutuel. Les responsables des échecs et des faillites, détournent le problème vers autrui différent, occultant ses apports et les convergences. De plus, l’existence de sources d’énergie dans les terres arabes est appréhendée comme une menace à contrôler.
Des penseurs occidentaux, de Berque à Derrida, d’Esposito, à Sacks, de Ward à Wright, reconnaissent que l’extrémisme est l’anti-islam et d’autres comme Legendre, Badiou, Agamben, Nancy, montrent que l’islamophobie est le prolongement de l’antisémitisme. Cependant, l’amalgame absurde, sacrilège et contre nature islam-extrémisme fait des ravages. L’idée funeste d’autodafé du Coran, n’est donc pas le fruit du hasard. D’un côté l’Islam est pris comme cible de par sa vitalité qui dérange des non-musulmans, d’un autre côté il est trahi par des extrémistes. C’est donc le produit d’une stratégie préméditée, que Barack Obama prétend changer.
Des pyromanes occidentaux dénoncent le fanatique évangéliste, alors qu’ils ont contribué hier à nourrir la bête en pratiquant l’amalgame. Est une grande hypocrisie que l’empressement avec lequel des responsables occidentaux condamnent des actes islamophobes et antisémites, alors qu’ils procèdent d’un climat de défiance auquel ils ont contribué. Des régimes islamiques et des fondamentalistes crient à l’offense alors que, de leur côté, ils ont peu fait pour présenter le vrai visage de l’Islam, ni défendu la dignité des musulmans. Au contraire, par leurs réactions irrationnelles, ils ont déformé son image.
La menace de brûler des exemplaires d’un Livre Saint ayant apparemment pris fin, elle doit servir de leçon pour la communauté internationale, afin d’arrêter le délire généralisé de la propagande du «choc des civilisations» chez les extrémistes de tous bords. En rive Nord, la montée de politiques xénophobes, en rive Sud l’instrumentalisation de la religion, mènent le monde vers l’abîme.
Il faut s’attaquer aux causes
Retrouver le lien entre politique et éthique et reconnaître partout le droit à la différence, sont la base du vivre-ensemble. Il n’y a pas d’alternative à la sagesse, à la raison et au droit. Le dogmatisme de courants occidentaux en guerre contre tout signe spirituel musulman et l’intégrisme de croyants qui, faute de savoir éclairé, tombent dans le piège, nuisent à ceux qu’ils croient défendre.
La banalisation de la haine et la diabolisation d’autrui risquent de se généraliser si la pulsion de vie et le besoin de partage, qui amènent les hommes à s’unir, abdiquent face à la pulsion de mort et d’isolement.
Raison de plus pour ne pas s’abandonner à la lassitude, mais énoncer des formes de vie fondées sur la justice et la compréhension mutuelle et non point la peur chez les uns et la colère chez les autres.
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